SEPTIÈME ÉTAPE : couleurs foncées
Ensuite je place les bleus, rouges et verts. La peinture
devient beaucoup plus délicate : si le pinceau dérape, le rattrapage est plus
difficile. De plus, les couleurs sombres déterminent les armoiries : qu'elles
composent le champs ou les meubles, ce sont elles qui vont faire apparaître
le dessin final. Le dessin doit donc être plus esthétique.
Je place ici une petite aparté sur ma manière de réaliser le
semis de fleur de lys du duc de Bourgogne. Sur le fond jaune réalisé lors de
l’étape précédente, je place un quadrillage en losange de couleur orangé. De la
sorte, je place les différentes fleurs de lys et je m‘assure que les bords des armoiries
seront nets. Ensuite je passe mon bleu, qui est un mélange de bleu
primaire et de bleu outremer ; j’y ajoute un peu de blanc, car le bleu est
un peu transparent et le résultat sur fond jaune tourne vite au vert. A cette
échelle, je ne suis capable que de faire deux motifs : des points (en
chargeant la pointe du pinceau et en l’appliquant perpendiculairement à la
figurine) et des traits (en chargeant moins et en tirant mon pinceau
horizontalement). D’abord je repasse en bleu mon quadrillage, puis je place
deux points et deux traits pour chacune de mes fleurs de lys. Le résultat rend
bien le semis de fleur de lys. C'est pour ce genre de détail que sert l'esquisse sur papier réalisée lors de la cinquième étape.

HUITIÈME ÉTAPE : fin de la première couche
Maintenant que les couleurs des armoiries sont en place, je
peux choisir celles de la lance et des rênes (les figures de l’armorial sont
représentées avec une épée de tournois). Je peins aussi le cimier et le
tortil. J’ai maintenant une figurine qui commence à avoir fière allure (surtout
de loin, et par temps de brouillard …). Il va être temps d’attaquer le second
passage. Pour ce second passage, je reprends à peu près le même ordre que lors
du premier. Toutes les couleurs seront reprises une par une. De la sorte, je
peux reprendre un tracé un peu loupé et rendre chaque couleur plus vive et
profonde. Mes chevaliers ont des couleurs éclatantes : ils veulent être vus et
reconnus sur le champs de bataille !

NEUVIÈME ÉTAPE : cheval
A partir du dessin de mon armorial, je cherche des photos de chevaux
possédant une robe similaire. Les recherches sur le net se révèlent assez
décevante : les photos sont de mauvaise qualité et vous avez intérêt à
posséder une imprimante à la hauteur pour pouvoir les exploiter.
J’ai finalement trouvé mon bonheur dans un livre qui
présentait les différentes races de chevaux avec des photos superbes pleine
page. N’hésitez pas à écumer les librairies « discount » : leur
rayon « cheval » est toujours bien fourni.
L’étude des photos est importante :
d’accord, avec le caparaçon, seul 10 % du cheval doit rester apparent, mais les
parties qui restent sont les plus intéressantes : la queue et le bas des
pattes possèdent souvent des nuances de crin différentes du reste de la robe,
quant à la gueule et aux naseaux ils sont eux aussi riches en nuances.
DIXIÈME ÉTAPE : caparaçon
Un tirage papier de l'armorial dans une main, le pinceau dans l'autre, je passe ensuite au caparaçon. Le but est de se rapprocher
au maximum de l'illustration. Ainsi, certaines armoiries comportent des ombres sur les
meubles(ici, sur les ailes des aigles), j’essaye de reproduire ces ombres, même si l’échelle rend le résultat
moins « spectaculaire ». D’autres présentent des effets de tissu
damassé du meilleur effet (par exemple, sur le chevron rouge de la photo, la croix de
sable de Roland d’Uutkerke, ou le champ de gueules d’Antoine de Vergy ). J’ai
d’abord essayé de passer directement une couleur plus claire, mais le résultat
était médiocre. J’ai alors dessiné mes volutes en blanc, puis passé un
jus délavé avec la couleur du fond. Le résultat est très proche
du dessin original et donc de ce que je cherchais.



ONZIÈME ET DERNIERE ÉTAPE : soclage
Pour cette étape, merci à Steve Butler, un anglais très
sympathique qui a bien voulu m'expliquer sa méthode pour socler ses figurines.
Elle est classique, mais efficace :
Après une première couche de peinture verte, le socle est recouvert de colle P.V.A. (c'est la colle à bois, disponible dans
tous les magasins de bricolage), avec un VIEUX pinceau, puis saupoudré
de sable. Celui-ci ne doit pas être trop fin, je rajoute même des morceaux plus
gros tirés d'un paquet de litière pour chat (je précise : la litière était propre
!).Après avoir laissé sécher une journée entière, j'enlève le sable en surplus
et je passe un pinceau sec pour décrocher les grains mal collés. Je passe alors
une couche de "brown ink" Citadel (vous pouvez la remplacer par un
marron très dilué), puis je fait un brossage à sec avec un blanc cassé de jaune.
C'est à ce stade que j'ajoute parfois des lichens pour figurer un buisson.
La chasse au lichen pourrait constituer un site à elle seule : j'ai passé des heures en forêt penché sur des branches mortes pendant que d'autres levaient le nez en l'air.
Au final les gisements les plus intéressants me semblent être sur les vieux arbres fruitiers plus ou moins bien entretenus. On y trouve souvent un lichen très fin qui simule bien un petit buisson d'une taille appropriée au socle d'une figurine.
Je peins d'abord mon lichen dans des verts plus chauds avant de le fixer avec
un peu de pâte de sculpture. Je place ensuite des "taches" de colles PVA et je saupoudre d'herbe
statique. Je laisse encore sécher une journée avant d'enlever le surplus. Il
ne me reste plus qu'à peindre le bord du socle en marron foncé... et à contempler
mon œuvre -enfin- finie !



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